Sa vie débute rue Haute ( actuellement le café ' Aux seringueux ') ou elle habitera jusqu'aux premiers mois de son mariage.
De son enfance elle ne garde que des souvenirs plutôt tristes, sans-joie, plutôt misérables.
La différence d'âge avec son frère était assez grande, son père était plutôt sévère et peu enclin à la rigolade, sa mère était constamment en deuil et d'un tempérament austère...
Toutes les fois ou l'occasion se présentait d'un bal (patronage etc ) il y avait un décès plus ou moins lointain qui donnait prétexte à son interdiction et à toute la gamme des deuils...
Le dimanche c'était souvent pour le travail aux champs : ramassage de pommes de terre par exemple...
Maman nous a souvent raconté l'histoire de la ' caisse de saurets ' qui servait de lit à sa poupée et de cette dernière que son père lui avait confectionné 
Elle était rigide et sa déception avait été grande car le plaisir était de l'habiller... Maman était déjà férue de couture !
De même le logement était exiguë et peu pratique : en hiver il gelait dans la mansarde étroite qu'elle partageait avec son frère...
Bref... une vie pas très rose... même pour l'époque...

Tout ceci sera bien sûr aggravé en Janvier 1932 quand son père décède alors qu'elle n'a pas encore 10 ans. 
Sa mère en a 41 et se retrouve avec très peu de ressources.
De ce fait maman n'a pas encore 13 ans qu'elle arrête l'école : un ami de son père lui a trouvé du travail chez le Dr Bombart qui tenait une fabrique de pansements. Le travail était à base de manutention et fatigant...
Les seuls souvenirs un peu gais de maman sont ceux des chansons que les ouvrières chantaient ensemble dans l'atelier. 
Maman les enviait car ' les autres avaient la TSF ou du moins pouvaient l'écouter... '
Bons souvenirs aussi la fréquentation de ses cousins et cousines ( Cartegnie ) avec qui l'entente était bonne.
Hélas... la guerre et surtout le bombardement de 1944 y mettra fin en grand partie...
Que tout ceci ai influencé le caractère de maman ne semble pas trop étonnant ... quoique d'autres tempéraments auraient peut-être réagi par réaction...
Petite note humoristique : pourquoi maman s'appelle Marguerite ?
Tout simplement parce que son père, homme très sobre, sur le chemin qui le menait à la mairie afin d'y déclarer sa fille, avait rencontré son beau-père, Léon Cartegnie qui lui était d'un caractère plus.... tolérant.
On suppose que quelques verres ( de vin ? ) ont fait perdre la mémoire à mon grand-père Ruffin qui, se rappelant que c'était un nom de fleur l'appela Marguerite. 
En fait maman devait se nommer Rose !