RENSEIGNEMENTS SUR LES ARCHIVES MUNICIPALES DE ST-PYTHON

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Récemment redécouvertes ( en 1990 ) ces archives se composent de 806 parchemins de 1504 à 1789 ( plus un de 1442 ). Elles se trouvent actuellement en dépôt aux ADN à Lille, c'est à dire que la municipalité de St-Python en est toujours la propriétaire.
Avec l'appui de Mr Lannette directeur des ADN et le dévouement de Mr Vangheluwe archiviste de Valenciennes, j'ai pu en entreprendre le dépouillement systématique, dépouillement auquel je viens de consacrer 22 mois ( environ 2.500 heures )
D'un intérêt exceptionnel pour tout chercheur du cru, elles permettent aussi de nombreuses filiations dans les villages voisins et même à Valenciennes ( où habitaient souvent les propriétaires des biens ... )

Nombre :
Une précision importante avant tout : ce relevé ne concerne que la série FF qui est la plus conséquente et la plus riche mais qui n'est pas la seule.
En effet existent aussi les séries CC ( impôts, comptabilité ) et GG ( culte, registres paroissiaux, comptes de l'église )
L'histogramme ci-dessous permet de se représenter la répartition chronologique de cette série FF :
amsp_graphe1.gif (13079 octets)
A noter la mise en évidence vers 1560-1600 de documents manquants ...

Contenu :
Tout d'abord il faut savoir que ces siècles passés étaient ce qu'il est convenu d'appeler des ' siècles procéduriers '
La vente d'une petite terre, un mariage, un échange de terres, un testament, un relief de maisneté etc, tous ces actes faisaient pratiquement l'objet d'un écrit devant l'échevinage.
Cet échevinage devait se composer du mayeur ( ou de son lieutenant ) et d'au moins quatre échevins. L'acte était gratuit ...
En général, il était bien sûr en parchemin ( car le papier était réservé à des actes éphémères ) et rédigé en deux exemplaires.
L'un était pour l'acheteur ou le demandeur et l'autre était déposé dans le ferme afin de garder une preuve de la véracité de l'acte.
Les archives ici relevées sont constituées essentiellement des actes qui se trouvaient dans le ferme qui était un coffre solide, probablement en chêne, fermant à clef et détenu dans la maison communale.
Parfois ce document était un chirographe c'est à dire que les deux actes étaient écrits sur un même parchemin séparés par une ligne de grandes lettres stylisées. On coupait ensuite ce parchemin suivant le milieu de cette ligne afin d'obtenir deux morceaux dont la jonction en cas de litige prouvait l'authenticité de l'acte.
Il faut ajouter que pratiquement aucun des actes n'est signé ou annoté des croix des impétrants.

Types de documents :
Pour réaliser la table située à la fin de ce relevé, j'ai classé ces actes selon 8 types :
Les transactions, les ventes, les échanges, les reliefs de maisneté, les testaments, les successions, les dots et les douaires de mariage.
En voici la répartition après les avoir regroupé en 4 classes principales :

Il est intéressant de constater qu'à la création du notariat par Louis XIV en 1671, tout ce qui concerne les mariages ( dots, douaires ) disparaît, remplacé par les contrats de mariage qui à cette époque étaient passés devant Me Laurent Deloffre notaire à Haussy ...
De même, contrairement à l'augmentation notable de la population et aux plus grandes chances de conservation des archives, le nombre d'actes de vente diminue sensiblement.
Cependant, jusqu'à la révolution, l'échevinage remplit son office, probablement du fait de sa gratuité et de l'habitude ...

Taille des différentes pièces :
La taille de ces parchemins est très variable .
Certains atteignent 69 cm de long sur 54 cm de haut tandis que d'autres sont pratiquement des bandelettes de parchemin de 48 cm x 8 cm jusqu'à 75 cm x 8 cm.
Ce dernier modèle de document comporte quand même 18 ou 20 lignes d'une écriture minuscule et se rencontre surtout vers 1640, période plus éprouvante à transcrire que le début 16ème siècle.
Il faut savoir aussi que la ponctuation n'existait pas et que c'est dans ce cas une phrase ininterrompue de 15 mètres qu'il s'agit de transcrire.
S'ajoutent aussi les nombreuses abréviations employées qui heureusement s'apprennent assez vite.
La plus grande difficulté provient parfois non de la lecture mais de la compréhension du texte.
Ce cas est le plus fréquent dans le cas de constitutions de rentes ( voir surtout FF29 ) ou alors d'acte du type FF30.4

Leur état :
Il est aussi très hétérogène :
Il arrive de trouver des documents paraissant neufs, bien pliés comme des mouchoirs, avec une encre bien noire ( FF36.4 par exemple ).
D'autres sont troués par des insectes, ou moisis, ou avec des parties manquantes, ou ne sont plus qu'une dentelle fragile qui dépose sur la table des confettis de mots ...
Certains sont comme usés par le frottement de doigts et beaucoup ont une encre pâlie difficile à déchiffrer.
Ci-contre la photocopie de quelques parchemins avec en premier plan le plus ancien qui est de 1442
A noter que j'ai choisi des documents assez lisibles, beaucoup d'entre eux étant trop jaunis, ou écrits trop petits, ou trop abîmés pour être présentables ...
L'ensemble des documents ici relevés est conservé aux ADN sous la côte J1469 en 35 grosses enveloppes qui comportent de 3 à 72 parchemins.
Ci-dessous la correspondance entre les séries et leurs côtes aux ADN

J1469/11 FF02 J1469/23 FF16 J1469/35 FF30
J1469/12 FF03 J1469/24 FF17 J1469/36 FF31
J1469/13 FF04 J1469/25 FF19 J1469/37 FF32
J1469/14 FF05 J1469/26 FF20 J1469/38 FF33
J1469/15 FF07 J1469/27 FF21 J1469/39 FF34
J1469/16 FF08 J1469/28 FF23 J1469/40 FF35
J1469/17 FF09 J1469/29 FF24 J1469/41 FF36
J1469/18 FF10 J1469/30 FF25 J1469/42 FF37
J1469/19 FF11 J1469/31 FF26 J1469/43 FF38
J1469/20 FF12 J1469/32 FF27 J1469/44 GG08
J1469/21 FF13 J1469/33 FF28 J1469/45 GG09
J1469/22 FF15 J1469/34 FF29

Il suffit de demander aux ADN ces côtes pour obtenir les liasses.

Quelques observations :
Tout d'abord on s'aperçoit que pratiquement tous ces documents sont intéressants au niveau généalogique. Même un acte de vente contient en général des renseignements, ne serait ce qu'au niveau de l'origine du bien vendu ...
Bien entendu les reliefs de maisneté sont les plus riches avec aussi les dots et douaires de mariage.
Quelques actes sont assez pathétiques avec la description des maladies ou du dénuement des individus cités. Voir plus particulièrement FF17.5, FF10.8, FF16.8, FF17.6, FF17.10, FF28.7 etc
Peu de documents citant des faits historiques. A remarquer quand même dans FF31.7 et FF19.17 la citation de l'abandon du village en 1581 et l'exode à Valenciennes et Le Quesnoy.
Un indice des différentes crises est donné par le coût de la terre.
J'ai calculé le coût de la mencaudée de terre labourable en livres à Saint-Python de 1540 à 1739.

Ce coût a été établi pour chaque période de 20 ans sur la moyenne de 10 actes différents quand cela a été possible.
Peu d'indices permettent d'évaluer ce coût avant 1540 ( ceux ne sont pas en général des ventes à l'époque mais des rentes héritières ou viagères ) et après 1740 les actes de vente sont très rares dans ces archives ...
Les flambées des prix vers 1600 et vers 1710, c'est à dire à chaque crise, sont spectaculaires ...

Historique de ces archives :
Les plus anciens documents étant de 1442 ( un seul à subsisté ), on peut dire qu'ils ont traversés parfois plus de 5 siècles, la plupart du temps dans le ferme de l'échevinage.
Ils ont perduré malgré les guerres, destructions, révolutions dans un petit village comme le notre, ce qui ne peut que laisser rêveur ...
Parfois, ils durent être cachés ( dans l'église ) ou emportés lors d'exodes plus ou moins lointains ..
Certains actes de ce relevé témoignent des tribulations qu'ils ont put connaître : FF29.18 particulièrement
Quatre lettres tout récemment découvertes m'ont permis de reconstituer l'historique de ces archives pour le dernier siècle tout au moins
Ces lettres sont dans un inventaire sommaire à la mairie de Saint-Python, inventaire dont le double est déposé aux ADN sous la côte 3T1716 ( 36 pages reliées de format environ A3 )
Le 12 mai 1873 la sous-préfecture de Cambrai écrit à Mr Placide Robert Bracq, maire de l'époque, au sujet des archives et lui propose d'envoyer aux archives départementales les archives antérieures à 1790 qui seront inventoriées aux frais de la municipalité pour un devis de 70 francs. Elles devront être dans ce cas envoyées à Lille qui les renverra ensuite avec un double de l'inventaire.
Le 28 mai 1873 le budget est voté et la proposition acceptée et le maire demande en plus " un extrait de l'inventaire des archives départementales en ce qui concerne la documentation ayant rapport à la commune de Saint-Python " ( brouillon de la lettre envoyée )
Le 26 juillet 1873 l'archiviste départemental, Mr Dehaisnes, réexpédie à Saint-Python ces documents ( 71 registres + 1365 pièces ), le double de l'inventaire ( celui de Saint-Python actuellement ) avec en plus une feuille de références des archives de la commune détenues aux ADN et la facture détaillée. Elle est plus élevée que prévue ( 84 francs 75 centimes ) et comporte entre autres 40 heures de travail à 1 franc de l'heure ainsi que 3 copies de l'inventaire à 10 francs chacune. L'employé ayant réalisé le travail est nommé ( Mr De Cleene ) et est loué par son supérieur pour la qualité de son travail ... ( à juste titre d'ailleurs ! ).
Le 24 mai 1897 la sous-préfecture, à la suite d'une inspection des archives communales écrit au maire et signale entre autres choses que l'inventaire sus-nommé a reçu l'approbation ministérielle mais que les premiers registres de catholicité sont en mauvais état et à relier.
En 1935 Mr Piétresson de St Aubin, archiviste départemental, organise un récolement de ces archives qui met en évidence " de grandes pertes pendant la première guerre mondiale "
En effet en comparant mon relevé à celui de Mr De Cleene on s'aperçoit que certains documents, voire certaines liasses, manquent.
Succinctement on peut dire que ceux sont 149 pièces qui ont disparues vers 1918.
En voici l'évaluation après repointage de chaque acte :

FF1 Totalité 8 pièces 1443-1499
FF3 Partiel. 9 pièces environ 1540-1549
FF6 Totalité 19 pièces 1570-1590
FF9 Partiel. 17 pièces environ 1620-1624
FF10 Partiel. 15 pièces environ 1625-1629
FF14 Totalité 18 pièces 1660-1669
FF18 Totalité 32 pièces 1741-1781
FF22 Totalité 29 pièces 1487-1599

Ce repointage fut assez laborieux à réaliser car certains documents furent transférer dans une liasse supplémentaire : FF38
A noter aussi que le hasard a éliminé les documents les plus anciens ( FF01 et FF22 ) !
Parchemins disparus à jamais ou égarés dans quelques greniers ?
Est ce bien nécessaire dans ce dernier cas de promettre toute ma reconnaissance et la discrétion à toute personne les possédant qui me les confierait quelques jours ?
L'idéal serait bien entendu que cette personne éventuelle restitue ces documents aux ADN afin de compléter ce fond local âgé maintenant de 550 ans ...

Préface rédigée en Septembre 1992